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Il ne faut pas laisser filer trop de diplômés russes! Version imprimable
28-11-2008
Une sorte de révolution d’Octobre vient de se produire à Genève. La célèbre Université d’Etat de Moscou (qui porte le nom de l’écrivain et savant Mikhaïl Lomonossov) a délivré pour la première fois des diplômes hors de Russie à des étudiants russophones trilingues, formés de A à Z dans la Cité de Calvin.

 Ce premier cursus universitaire complet conçu à l’étranger répond tant à l’intérêt des étudiants à faire leurs études en Europe qu’à la demande du marché du travail genevois. Ce n’est pas par hasard que, trois ans après sa fondation en 1997, le «Centre international de l’Université Lomonossov» (MGU) a déménagé de Fribourg à Genève où les autorités se sont montrées plus ouvertes à ce projet inédit. Le Centre MGU est composé des facultés de droit et de géographie. La demande des avocats et d’autres juristes maîtrisant aussi bien le droit suisse que le droit russe est constante. La faculté géographique elle aussi propose les études très demandées en écologie, utilisation rationnelle des matières premières et gestion de l’environnement.


 Près de 130 étudiants multilingues du Centre MGU sont repartis en cinq années d’études. Si la première promotion de huit lauréats ne comporte que des jeunes gens de l’ex-URSS, dans l’ensemble du corps estudiantin on trouve déjà quelques Helvètes, sans compter une bonne cinquantaine de ceux qui suivent les cours de russe dispensés en marge du programme académique. Le Centre MGU marie d’une façon originale et efficace l’initiative privée de son fondateur Tamirlan Gassanov et le soutien de la plus importante université publique de Russie. Grâce à leur profil unique, les étudiants du Centre MGU sont nettement privilégiés, car un emploi leur est pratiquement assuré d’avance, en Suisse ou ailleurs. Il n’en va pas de même pour les autres étudiants russes formés en Suisse, car le temps leur manque pour chercher un emploi, du fait qu’ils sont censés quitter la Suisse tout de suite après leur diplôme. Ce problème est abordé dans l’interview du conseiller national genevois Luc Barthassat (PDC) parue dans le magazine des étudiants russes de Suisse ChokoLife. Le député, largement soutenu par ses collègues, propose de permettre aux diplômés non-européens, s’ils le souhaitent, de rester en Suisse pendant une année afin de trouver un emploi.


 Le but de cette initiative, inspirée sans doute par l’expérience de l’Australie, est d’empêcher la fuite des cerveaux vers le Canada et les Etats-Unis. Ces pays sont particulièrement accueillants vis-à-vis des jeunes Russes formés en Suisse (aux frais des contribuables helvètes vu les taxes symboliques pratiquées par les universités publiques de la Confédération!).


 Paradoxalement, même la crise économique mondiale ne rend pas l’idée de Luc Barthassat moins attrayante pour Genève, bien que certains craignent la concurrence sur le marché local de l’emploi. Ivan Pictet, le président de la Fondation Genève Place Financière, a déclaré la semaine passée que «l’emploi ne semble, à ce stade, pas touché. Les banques continuent même de chercher du personnel hautement qualifié et parlant les dangues». Ainsi, résume la Tribune de Genève du 29 octobre, aux côtés de la gestion de fortune, les banques finançant le négoce de matières premières restent-elles très actives. Et les Russes restent, quant à eux, très actifs dans ce genre de négoce qui profite à ce canton aux activités économiques suffisamment diversifiées pour résister assez bien à la crise.

Dernière mise à jour : ( 19-12-2008 )
 
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